Interviewé par Deepak Jayaraman pour le site Play to Potential podcast, Vishy ANAND,  multiple champion du monde et vainqueur ce dimanche 4 mars 2018 du tournoi rapide Tal Mémorial 2018, partage sa vision du monde des échecs.

Cet article reprend les moments clés de cette interview sur le volet de la psychologie et du mental aux échecs.

Psychologie

« L’aspect psychologique est primordial. Il est inutile d’avoir les meilleures compétences créatives au monde si – au moment où vous devez entrer dans l’inconnu – vous le faites avec agitation ou fébrilité, parce qu’alors, vous avez déjà perdu la bataille avant même d’avoir commencé. Vous devez être psychologiquement prêt pour le combat. Cela signifie qu’au moment où vous sortez d’une position connue, vous devez être prêt à combattre avec énergie et enthousiasme pour relever ce défi inconnu. »

Calcul de variantes

« En réalité, vous ne pouvez apprendre à mieux calculer. Ce que vous pouvez faire, c’est de montrer à votre cerveau suffisamment d’exemples tactiques qui pourront avoir éventuellement un effet positif le moment venu. »

Vishy préconise à l’instar de ses prédécesseurs d’étudier le jeu tactique et stratégique des grands joueurs d’échecs du passé.

Un cheval sauvage

« Une des choses que j’estime avoir apprise avec les échecs est la suivante : loin de pouvoir commander votre cerveau, celui-ci est un cheval sauvage et vous devez vous y faire !

Parfois il vous trahira et fonctionnera selon son propre plan et timing. Vous ne pouvez le contrôler !

Ainsi votre objectif consistera à apprendre comment bien jouer une fois que vous perdrez le contrôle. »

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« Je suis parvenu à la conclusion que vous ne pouvez contrôler votre cerveau, mais ce que vous pouvez faire, c’est de créer vos propres conditions idéales de jeu, celles qui vous seront favorables le plus souvent. »


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Ici et maintenant

« La seule position que vous aurez à jamais sur l’échiquier est celle devant vous, maintenant. C’est la seule chose à propos de laquelle vous pouvez avoir une action concrète. »

Les meilleurs coups

« La première chose que vous apprenez aux échecs, c’est de jouer le meilleur coup car c’est le plus fort. Puis en progressant, vous réalisez que le meilleur coup n’est pas forcement approprié. Il devient alors nécessaire de trouver plutôt un coup inconfortable pour votre adversaire, ou de convertir dans une position – légèrement meilleure pour vous – dans laquelle vous êtes à l’aise et confiant. »


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